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Sortie: “DDUNIT” DE KAMEL SYAMOUR

Un album 100% acoustique syamour

Ddunit, qui s’articule autour de onze titres, est le fruit d’un riche parcours et de belles rencontres. Le talentueux artiste, ouvert sur les musiques et les cultures du monde, a collaboré avec des musiciens algériens et étrangers. Le résultat est remarquable.

Le chanteur kabyle Karim Syamour vient de gratifier son public d’un très bel album. Un CD composé de onze titres d’une grande beauté, qui révèlent un travail soigné et un artiste aspirant à faire de chacune de ses chansons une véritable œuvre artistique. Intitulé Ddunit (la vie), ce nouvel album se veut celui de la maturité du jeune et talentueux Syamour. Ddunit est un disque plein de dynamisme et de vitalité artistique. C’est ce que nous avons eu l’occasion de découvrir au cours d’une conférence de presse tenue par ce jeune artiste à l’école Ecomode de Tizi Ouzou, pour la présentation de son album à l’occasion de sa sortie, lundi. Cette rencontre a également été une occasion pour la présentation d’un clip accompagnant la sortie de cet opus, celui d’une magnifique reprise de la célèbre chanson Baba ghayou de Slimane Azem. Une reprise qui se veut comme un hommage à ce grand artiste kabyle, mort dans l’exil forcé. En outre, l’album Ddunit est 100% en acoustique, comme l’a signalé l’artiste, qui a collaboré avec des musiciens algériens et étrangers, pétris de talent. Ce disque est, en fait, le fruit d’un long et pénible parcours qui l’a mené dans différents coins du monde, pour découvrir d’autres cultures et enrichir ses connaissances. Sa quête commence d’abord en Algérie, où, tout jeune, il commence à fredonner des airs des ténors de la chanson kabyle dans son village, à Beni Douala. Il fréquentera ensuite une école de musique chaâbi dans la ville de Tizi Ouzou. Durant son service militaire dans le Sahara algérien, il fait la découverte des instruments de la musique gnaoui. Les sonorités de ces instruments, purement berbères, ont fasciné le jeune artiste qui décida de les adopter dans ses chansons et orchestres. Kamel Syamour quitte l’Algérie dans les années 1990 pour rejoindre Paris, grande métropole où toutes les cultures se côtoient, et parfois se rejoignent. A Paris, Syamour a connu un parcours qui ressemble un peu à celui des grandes figures de la chanson algérienne du temps des premières vagues d’immigration algérienne en France. Il anima des dizaines de soirées dans les cafés communautaires, et c’est dans ces milieux qu’il côtoya des artistes et des musiciens venus des quatre coins du monde. Ce qui l’a conduit à animer en leur compagnie des soirées musicales dans différents styles, tels que le jazz, le blues, le reggae et autres. Le jeune artiste a pris part à de nombreux festivals de musique en Europe, c’est là qu’il sera repéré pour ses hautes qualités artistiques. Il partagera la scène avec des sommités artistiques, en faisant les premières parties de leurs galas, comme Idir, Souad Massi, Dan Ar Braz, Akli D. Après un contrat signé avec la grande maison d’édition Pias, il produit son tout premier CD en France, en 2009. Un album qui n’est sorti en Algérie qu’en 2010, et qui a bien été accueilli par le public, ce qui a permis à Syamour de se frayer un chemin et de se faire une place dans le paysage artistique kabyle.

Article Liberté 6/3/2014

Filed in: Musique kabyle

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